vendredi, 18 septembre 2009
sans titre
Il n'y a pas de rêves assez fous qui ne puissent être vécus, les limites sont celles que nous nous imposons; soyons encore plus fous, sachons les dépasser, et ne pas seulement rêver mais plus loin, vivre.
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lundi, 14 septembre 2009
Point final
La vie en France a repris. Une salle de classe en maternelle pour Florence, la musique pour moi. Le temps de la réadaptation est passé; nous apprécions notre présent, conscients de la richesse de notre passé. Africavélo, merci!
FIN
ps: mais le blog lui continue... à bientôt
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jeudi, 13 août 2009
Comment finir?
Comment le dire? Simplement, posément, en y associant la lenteur nécessaire à vous faire sentir le poids pour Florence et moi-même de ce constat d'évidence: Africavélo est fini.
Je cherche à conclure mais échoue sans cesse. Ce n'est pas encore pour cette nuit, je ne suis toujours qu'un voyageur qui rentre chez lui, instable dans ce familier qui lui paraît étranger.
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samedi, 01 août 2009
Le Cap - Paris
Quelle chose étrange que de parcourir en une seule journée un trajet qui nous a demandé deux ans!
Vers 15h, le 29 juillet 2009, une porte automatique s'est ouverte sur une banderole couverte de drapeaux de pays d'Afrique, la voix de mon frère a retenti et j'ai vu les larmes de joie de ma mère. Nous les avons tous pris dans nos bras, concrétisant un instant presqu'irréel; mes parents, Gege et Domdom, mes frères et ma soeur, Karine, Thierry, Swann et Lucie, Laurent, Jacqueline, Christine, Maël et Juan. Ils attendaient depuis près de deux heures, il s'était passé près de deux ans. Et l'amertume de fin de voyage s'évanouit, et la fatigue se dissipe, et les mots se réinstallent, et les voix se reconnaissent, et la nuit arrive; le jour s'est éclipsé sans que nous ne l'ayons remarqué.
Le lendemain, on s'étonne presque de se retrouver - "C'est donc vrai, nous sommes rentrés!". C'est un beau jour!
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jeudi, 30 juillet 2009
Lettre à l'Afrique juste avant les nuages
À une heure d'embarquer! Derniers instants sur le sol africain. Malgré l'excédent de poids, la compagnie Qatar Airways a accepté nos vélos et nos bagages sans surcharge de prix. Comme un dernier cadeau de l'Afrique. Et avant de la quitter, c'est justement à l'Afrique que nous voudrions nous adresser.
"Africa,
nos mots seront simples et bien pauvres en regard de ce que nous te devons. Au long de tes routes, nous avons vécu la plus grande aventure de notre vie; au sein de tes pays, de tes villes, de tes villages, nous avons fait des rencontres inestimables, contemplé des paysages aussi magnifiques que divers, approché des cultures riches et aussi anciennes que l'est l'Homme lui-même; au fond des regards de tes habitants, nous avons vu le courage, la chaleur, parfois la douleur et le désespoir mais aussi la joie et l'amour; sur la toile de tes ciels, nous avons admiré toutes les couleurs de la vie, du blanc éclatant d'un soleil au zénith au noir intense d'une nuit sans lune; aux flancs de tes montagnes, nous avons appris à dépasser nos propres limites, accepter la langueur d'une plaine monotone, maîtriser le vertige dans l'immensité du désert. Grâce à toi, grâce aux tiens, nous avons retrouvé une certaine foi en l'Homme, conscients néanmoins des grands combats qu'il reste à mener pour que règnent justice et égalité. Simples voyageurs, nous n'avons jamais été que des témoins des déchirures qui affligent tes peuples, et malgré la responsabilité des sociétés dont nous sommes issus dans ces plaies, ceux qui en sont les victimes ont toujours manifesté chaleur et soutien à notre égard, la générosité et la solidarité n'ont jamais cessé de nous soutenir. Peut-être un peu égoïstement, nous nous sommes nourris des fruits, au goût unique et intangible, de la liberté; loin de nous présenter comme modèle, nous n'avons cherché qu'à apprendre pour tenter de comprendre un peu mieux mais surtout sans imposer un quelconque savoir ou toute forme de domination. De cela nous avons appris beaucoup aussi, humbles et inutiles sans doute, par respect et dans l'espoir que l'avenir s'écrira avec des mots africains.
Pour tout cela et pour tant d'autres choses non pas oubliées mais seulement omises pour l'instant; à toi, notre Afrique, celle que nous avons peu à peu dessinée dans notre mémoire, toi la mère de l'Homme, toi le continent sacrifié, mystifié, humilié, toi qui te lèveras un jour affirmant ta place au sein du monde, toi dont les femmes sont les piliers, toi que nous n'avons pas conquise mais qui nous a conquis, nous te disons "merci". Merci de nous avoir acceptés tels que nous sommes, avec nos faiblesses et notre ignorance. Merci de nous avoir ouvert le cœur de tant d'Africains, qui ont grandi l'humain par leur simple humanité. Merci de nous avoir protégés, secourus lorsque ce fut nécessaire, soutenus quand nous peinions à y croire. Merci pour tes enseignements, tes leçons de vie. Merci pour la beauté des femmes, des hommes, des vieillards, des enfants. Merci pour les fleurs, les fruits, les parfums, les épices. Merci pour cette faune sauvage fascinante et fragile.
Puissions-nous avoir été dignes de toi, à jamais dans nos cœurs, permets que nous restions pour toujours tes enfants."
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mardi, 28 juillet 2009
Dernier jour
Dernier jour en Afrique! Irréel? Triste? Finalement non, plutôt une journée agréable et émouvante.
Touristique avec la visite de Robben Island, cette île située à quelques encablures de Cape town où furent emprisonnés nombre de prisonniers politiques dont le plus célèbre d'entre eux, M. Nelson Mandela, captif durant 18 années. Emotion en découvrant sa cellule, malheureusement pas assez d'informations ou incompréhensibles pour des frenchies parlant que moyennement anglais. A compléter notamment par la lecture du livre de Mandela: long walk to freedom...
Emotion également mais très différente en parcourant le grand Aquarium de Cape town, les installations sont somptueuses, les animaux à portée de main, le tout dans une éthique respectueuse et protectrice pour l'environnement. Notre scepticisme a provoqué beaucoup de questions, les réponses furent rassurantes. Mais qu'en pensent Greenpeace ou les associations du même type? A suivre...
Dernière soirée enfin avec nos hôtes Eva et Kay où l'on évoque un peu le passé, l'on savoure le présent et où l'on apprend à envisager sereinement l'avenir.
Puis c'est la nuit, bientôt le matin, quelques heures pour empaqueter avant d'embarquer. Un grand saut dans les airs, une nouvelle nuit, un nouveau matin et une nouvelle vie qui démarre... à Paris!
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samedi, 25 juillet 2009
Bonne Espérance
24 juillet, 699ème jour, nous atteignons le point final africain: le cap de Bonne Espérance. À partir de maintenant, chaque pas plus avant va dans le sens du retour. Quelques larmes de circonstances et une miriade de pensées lancée dans le vent; autant de noms qui ont permis ce voyage, autant d'amour reçu et partagé pour écrire dans un tout petit coin du grand livre de la vie une histoire un peu moins ordinaire, un rêve parmi une multitude qui a pris corps, une trace qui s'est inscrite comme en filigrane sur les routes d'Afrique et qui, tel un mandala, fut balayée par le vent; pas grand-chose au fond, juste un passage, un mouvement, un élan.
Dans quelques jours, cet "africavelo" avec lequel nous vivons depuis si longtemps, bien avant son avènement, tournera sa dernière page avec le retour définitif à Villeneuve. S'ouvrira alors un livre nouveau, celui du souvenir. Les fichiers sur nos cartes mémoires d'appareil photo deviendront albums photo, les sacoches des vélos seront pliés dans une malle et nos vieilles fringues usées jusqu'à la corde entreront dans la catégorie "relique" si elles ne finissent pas aux ordures.
Déjà nous décidons de ce qui rentre et ce qui reste (j'ai offert ma guitare à un ami sud-africain); ultimes cartes postales, derniers achats pour ne pas rentrer les mains totalement vides. De voyageurs, nous redevenons touristes, agglutinés dans les lieux destinés, lunettes de soleil et caméras, la main sur le sac pour prévenir les pick-pockets. Sans jugement de valeur aucun, la position est simplement différente, sans doute plus distante, plus préservée, moins... engagée.
Nous pensions appeler France Inter à l'occasion de cette "arrivée" mais c'est l'été et "Allo la planète" est en vacances. Si nous avions pu intervenir ce soir, nous aurions surtout dit merci mais cela nous le développerons ultèrieurement. Personnellement, j'aurais aimé dire ceci: Il n'y a pas de rêves assez fous qui ne puissent être vécus (dans le domaine du rationnel évidemment), les limites sont celles que nous nous imposons; soyons encore plus fous, sachons les dépasser, et ne pas seulement rêver mais plus loin, vivre.
11:20 Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
vendredi, 24 juillet 2009
Hermanus,
c'est le nom de la ville où nous avons passé une bonne partie de la journée à regarder des baleines évoluer dans les eaux froides et agitées de l'Océan Atlantique. Elles étaient deux, sans doute une femelle et son baleineau. les photos que nous avons prises rendent bien mal la magie du moment. il faut aussi avouer que nous n'avons qu'aperçu ces géants des mers, et ce depuis le rivage; peu importe, nous avons vu des baleines et c'est à nouveau comme un rêve qui se réalise.
Un peu plus tôt dans la journée, c'est une colonie de pingouins que nous avons pu approcher et là, il fut bien plus aisé de les saisir avec nos caméras. ces animaux qui "volent" dans l'eau sont assez patauds sur la terre ferme et ont un aspect plutôt comique.
Notre bestiaire ne cesse donc de s'agrandir. D'ailleurs depuis maintenant près de deux semaines, un spécimen de l'étrange espèce que sont les cyclotouristes circule dans notre entourage. Anders, j'ai déjà évoqué ce Danois de 23 ans mesurant 2m, joue dans la catégorie "lièvre" tandis que Flo et moi sommes dans celle dite "tortue". Rendez-vous compte, Anders a quitté Copenhague, traversé l'Europe et l'Afrique en seulement 10 mois. A distance égale, nous en avons mis 23; différentes façons de voyager. Il est d'ailleurs amusant de remarquer que c'et alors que nous photographiions une tortue que nous avons rencontré Anders. Ainsi a démarré l'histoire du "lièvre et des tortues". Cette rencontre en a provoqué beaucoup d'autres et il est indispensable de citer une autre espèce animale remarquable et fort répandue dans la région: le surfeur-plongeur incarné par l'inestimable De Waal, désormais ami cher, homme de grand cœur à l'humour sarcastique. Grâce à De Waal, nous avons aussi eu la chance de pénétrer les domaines viticoles qui cernent Cape town et évidemment de goûter abondamment les productions. Les vins sud-africains sont délicieux, partculièrement lorsqu'ils sont bus entre gens debonne compagnie autour d'un braai!
Enfin, nombreux sont les représentants de cette non moins étrange espèce que sont les "singularis artisticus". Peintres, sculpteurs, musiciens, on en trouve de toute sorte en Afrique du Sud et c'est peu dire que de souligner notre admiration et notre gratitude envers Ina, Susan et Dee, Bob et l'étonnant Gerirt.
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mercredi, 22 juillet 2009
Retour
La date et l'heure de notre retour sont fixées. À ceux qui ne sont pas partis en vacances et qui auraient du temps à perdre dans un aéroport, nous vous donnons rendez-vous au terminal 1 de Paris CDG, le mercredi 29 juillet à 13h55 (compagnie Qatar airways).
Si vous le souhaitez, nous pourrons ensuite nous retrouver chez mes parents à Ozoir la Ferrière pour un pot. Pensez donc à amener un bout à manger ou quelque chose à boire. Que les intéressés me contactent sur jphduval@hotmail.fr pour plus de renseignements.
En attendant la joie de vous revoir, nous profitons des attraits touristiques de Cape town et savourons la gentillesse de nos derniers hôtes africains, Eva, Kay et Luca Toelle qui nous font l'honneur de nous accueillir.
Enfin, certains d'entre vous se souviennent peut-être que le premier jour d'Africavelo fut marqué par la naissance de Paul (qui va sur ses 2 ans), nous venons d'apprendre une nouvelle naissance qui marque la fin de notre voyage: Bienvenue donc à Jules, le second enfant de Marie-Anne et Sébastien, né le 21 juillet. Félicitations à vous chers amis!
Ce sera un des points forts de notre retour que de faire connaissance avec tous ces enfants nés en notre absence: Paul, Louna, Jade, Lucie et Jules.
À très bientôt
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dimanche, 19 juillet 2009
Ayé!
Des quatre patins de nos vélos, nous avons freiné, le plus possible pour retarder l'inéluctable. Nous avons enchaîné les rencontres -nous voyageons même à trois depuis quelques jours avec Anders, un Danois qui mérite un encart spécial-, nous nous sommes couchés souvent tard, et de nuits prolongées en réveils fort peu matinaux, nous avons tenté de rallonger la distance, d'étirer le temps mais nos efforts furent presques vains, à peine avons-nous gagné quelques jours de sursis et en ce dimanche 19 juillet, après 694 jours de voyage et 19535 km parcourus, NOUS SOMMES À CAPE TOWN!
Certes, le voyage n'est pas tout à fait fini, il nous reste une journée ou deux de vélo pour atteindre le cap de Bonne Espérance mais avec cette arrivée à Cape Town, c'est bien la fin du voyage qui débute. À venir, l'achat des billets de retour, un peu de tourisme dans cette immense cité et ses environs puis un long vol vers la France. Ce soir, Florence et moi sommes un peu sous le coup. Fatigués sans doute par les dernières étapes qui ne furent pas des plus aisées mais marqués surtout par cette nouvelle évidence qu'il nous faut appréhender: Africavélo est au bout puisqu'Africavélo est au Cap.
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